[Critique daube]Astérix and the Great Rescue (Megadrive)

Astérix, c’est l’un de nos symboles nationaux. Un petit héros gaulois créé en 1959 par Goscinny et Uderzo. Trente-quatre albums à ce jour, traduit dans toutes les langues et diffusées dans tous les pays du monde , à part peut-être la Corée du Nord. L’action se déroulait à l’époque où Jules César (mon ancêtre, donc), était au faîte de sa gloire, soit aux alentours de 50 avant J-C. Mais je ne vais pas vous refaire tout le topo, qui ne connait pas le pitch de la BD, franchement ? Astérix étant une licence juteuse et rentable, elle n’a pas échappé au phénomène jeux-vidéos, notamment dans la première moitié des années 90. En général, les jeux étaient de bonne qualité, sans toutefois pouvoir prétendre au statut de hits incontournables. Je pense notamment aux opus sortis sur Master System et Super-Nintendo. La version d’arcade, jouable à deux, tutoyait l’excellence. La Megadrive sera une des dernières consoles de cette époque à accueillir le petit gaulois. Malheureusement et disons-le tout de suite, cet épisode est sans doute l’un des pires jamais sortis.

Avertissement : La vision de certaines images peut nuire à votre santé mentale…

 

Sorti aux alentours de 200 A-R ( Après-Robespierre, où sont passés vos cours d’histoire ? ) , le scénario est basique de chez basique : Panoramix a été kidnappé par les romains. Remarquez c’est plus crédible que l’enlèvement d’Obélix, ce qui était le cas dans les jeux de la licence chez Nintendo. Astérix et Obélix se mettent donc en route vers Rome pour le délivrer. Pour cela , ils devront passer par six zones, qui sont le village, un camp romain, la forêt, la Germanie ( ach so!), une Galère Romaine (!) et Rome, bien entendu.

Concrètement, cela se traduit par une suite de petits niveaux n’ayant aucun rapport entre eux et je pense sincèrement que les programmeurs et concepteurs ne devaient pas carburer qu’à la boisson à l’orange…Avec un boss qui nous attend à la fin de chaque monde, bien entendu.

Le seul niveau vraiment fidèle à la BD est…le tout premier !

 

Pourtant la première impression qu’on a du jeu est plutôt positive… Le premier niveau se déroule dans le village et le décor est très reconnaissable. Mais non, en fait… Le jeu vous offre à chaque début de niveau d’incarner soir Astérix, soit Obélix… Sauf qu’il n’y a aucune différence. Ou si peu, si on excepte qu’Obélix doit ramper dans des endroits où Astérix passerait sans problème, et l’item symbolisant la fin du niveau : un sanglier pour l’homme enveloppé, et une potion pour celui à moustaches blondes. La logique, c’est quelque chose qui a échappé visiblement aux programmeurs…Un des gros reproches que l’on peut faire, c’est qu’à part les romains et nos deux héros, les lieux traversés n’ont aucun rapport avec la bande dessinée! Que font-ils dans des zones psychédéliques ? C’est fou ce que l’on peut trouver à l’intérieur d’un camp romain… Et puis pourquoi s’emm…bêtent-ils à faire un grand détour ? Non parce que la Gaule, c’est à côté de l’Italie, et une ligne droite aurait été plus simple… Oui, les programmeurs devaient avoir fumé.

 

Là, on se dit que les graphistes devait avoir fumé de la bonne…

Cela est amplement confirmé par les graphismes. Les décors, en plus de n’avoir en grande majorité aucun rapport avec l’univers de la bande-dessinée, ne sont soit pas assez travaillés, soit psychédéliques. Je veux pour exemple le niveau dans la neige : ce n’était pas plus simple pour symboliser les flocons de neige avec des petits ronds blancs et non de gros machins qui non seulement sont mal intégrés, mais en plus, gênent la lisibilité de l’action ? Les sprites sont assez gros, certes, mais le tout manque de finesse et c’est parfois très pixelisé. Le level design est complètement à la ramasse et irrégulier. Des niveaux du début seront longs et fastidieux à passer , tandis que certains vers la fin se résumeront à une simple linge droite! Les fonds sont souvent criards lorsqu’il y en a un et les yeux crient vite grâce. D’où sont-ils allés pêcher qu’on se déplaçait sur des saucisses géantes ? Les sessions de boss sont originales, mais c’est bien là le seul point positif du jeu. Sans compter que certains ennemis n’ont rien, mais alors rien à voir avec la bande dessinée. De grosses erreurs ( owi, les bonshommes de neige!) impardonnables.

 

L’ambiance sonore est tout simplement horrible. Les musiques n’ont absolument aucun rapport avec l’univers de la bande-dessinée et sont agressives. C’est une telle aberration musicale qu’on a plus vite fait de couper le son , heureusement qu’une telle touche existe sur nos télécommandes, ça soulage pour des jeux comme ça… A se demander si ce n’est pas vraiment Assurancetourix qui les a composées… Et qui fait d’ailleurs office de premier boss. les bruitages sont peu nombreux, il est d’ailleurs frustrant de voir que la seule onomatopée qui apparaît à l’écran n’est autre que « Paf! » que l’on tape un ennemi ou qu’une explosion se produit. La bande dessinée en avait des dizaines! Du « tchac » de base en passant par les « dzoooing » « chtoc » « plaf » et bien d’autres… De toute façon, comme vous aurez coupé le son pour éviter de devenir fou, vous ne les entendrez pas.

 

Ici, vous êtes sensé être à Rome…

Tiens puisqu’on est dans la folie, parlons du gameplay et de la difficulté du jeu. Je n’ai jamais vu une jouabilité aussi pourrie dans un jeu de plates-formes ! Tout est foiré à ce niveau : les commandes attribuées à la manette, et surtout, le temps de réaction! Les sauts sont d’une imprécision chronique, On les foire tous à chaque fois, perdant une barre de vie. Les deux amis peuvent utiliser des potions pour créer une plate-forme,exploser des murs, ou faire de la lévitation…Mais loupez votre coup d’un pixel, si vous épuisez votre stock alors que l’élément était indispensable pour passer, vous n’avez plus qu’à attendre la fin du temps imparti. Déjà, le coup des potions, c’est pas le top, mais si en plus, c’est associé à une jouabilité foireuse, on atteint des sommets en imprécision.

Vous n’avez pas intérêt à rater votre saut…

Ah c’est vrai, j’ai oublié que le principal objet de votre folie, il est affiché en haut à droite de l’écran, ce sera ce… comment dire, sans être vulgaire…Ben en fait on peut pas, ce sera ce PUTAIN DE TIMER !!! Du temps, vous n’en aurez pas dans ce jeu. Les niveaux doivent se traverser d’une traite, faute de quoi vous perdez une vie et le chrono est réglé de façon à vous bloquer dès la moindre erreur. Rageant. Ça leur aurait coûté cher de rajouter des secondes ou des minutes ? Le temps imparti diffère à chaque sous-niveau, bon, ça encore, ça se voit dans pas mal de jeux… Parce que le chrono ultra-serré, ça aurait pu passer si le gameplay avait été au poil, mais ce n’est pas le cas. Outre ce que j’ai déjà énuméré, la portée de vos coups de poings est tout simplement ridicule. J’ajoute que la gestion des collisions est absolument foireuse : impossible de frapper un ennemi sans que vous ne vous preniez un coup! Bien entendu, on ne peut pas le moins du monde frapper en sautant. De plus, le jeu anticipe parfois que vous allez vous prendre le piège, et donc vous fait perdre une vie sans trop comprendre pourquoi.

Même les décors forestiers sont bizarres…

 

Dans l’absolu, le jeu est long et dispose donc d’une bonne durée de vie. Sauf que qui pourrait rester longtemps devant des graphismes criards, n’ayant souvent rien à voir avec la BD d’origine ou même son esprit, des musiques hors propos et saoulantes, un chrono trop juste, une jouabilité à chier et un level design à la ramasse ? Pas grand monde,et surtout pas des enfants, à moins d’aimer le masochisme. Toujours est -il que pour abréger vos souffrances, les programmeurs ont inclus un système de mots de passe et des continues limités… Maigre consolation.

Un niveau sous l’eau très frustrant…Et pourtant nous ne somme qu’au début du jeu…

 

Verdict:

Dans la Rome antique, la principale distraction était les jeux du cirque. Et il y avait souvent au programme des condamnés jetés aux lions. C’est ce que cette cartouche mérite. De toute façon, elle ne peut pas résister bien longtemps face aux références sorties à l’époque sur la machine. Cet Astérix est clairement le plus mauvais de la série en jeux vidéo et… n’a pas été détrôné depuis près de 20 ans. Je suis dur, certes… Mais je me demande ce qui est passé par la tête des programmeurs. Des substances hallucinatoires, sans doute? Parce que j’ai du mal à trouver une excuse au jeu, tant le ratage est total, aussi bien sur le plan technique que ludique.

Vous vous demanderez pourquoi j’en parle si ce jeu est vraiment mauvais ? Simple : pour dire aux générations actuelles de (futurs) joueurs rétro de ne pas commettre l’erreur de l’acheter même pour 3 euros en boutique. Parce que la jaquette pourrait laisser croire à un bon jeu, c’est vrai quoi, il est sympa, ce petit gaulois… Mais je vous assure par Toutatis et Jupiter qu’en réalité le jeu est réellement mauvais.

Asterix and the Great Rescue : vieni, vidi…pas vici.

Julius Caesar

Astérix and The Great Rescue

Console : Megadrive

Année : 1993

Genre: plates-formes

Développeur : Sega

Editeur : Sega

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Publié le 18/07/2012, dans Back to the Pixels, T'as pas autre chose à me prêter ?, et tagué , , , , , , , . Bookmarquez ce permalien. Poster un commentaire.

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