Archives du 22/04/2012

[Critique rétro] Sonic the Hedegehog

On oublie pas un premier amour… Dans les jeux vidéos, c’est pareil. Sonic the Hedgehog premier du nom sur Megadrive fut le premier jeu à squatter ma console . Mais ce n’est pas la seule raison qui fait que ce jeu est pour moi indémodable, voire même culte…

Au début des années 90, Nintendo et Sega se sont imposés comme les deux grands gagnants du marché des consoles de salon après la crise qui frappa le secteur dans les années 80. Nintendo s’était même trouvé une mascotte emblématique : un plombier nommé Mario. Et lorsque Super Mario Bros apparaît en 1985, il met une claque au genre du jeu de plates-formes. Inutile de vous rappeler l’historique du plombier à casquette rouge et de son frère, je pense…

Sega a eu de son côté plus de mal. La firme a misé au départ sur Alex Kidd. Si le jeu sur Master System, sous-titré In Miracle World était sympa pour le support, il ne pouvait en aucun cas prétendre rivaliser avec les trois épisodes sortis sur la console d’en face. Il se ringardisera totalement avec l’épisode Enchanted Castle sur Megadrive… Le jeu aurait très bien pu sortir sur Master System en fait… Puis question charisme, excusez moi, mais un héros simiesque jouant au jankenpyon (chez nous, c’est plus connu sous le nom « pierre-feuille-ciseaux ») pour vaincre les ennemis, ça me fait doucement rigoler.

La Megadrive, console 16 bits et donc de génération supérieure, peine à s’imposer. Kidd ne convainc pas et Altered Beast n’est pas top. Problème, Nintendo va sortir une console de la même génération et avec un nouveau Super Mario. Autant dire qu’il y a urgence…

C’est alors qu’un concours interne à Sega fut lancé. Il y eut diverses propositions : un bouledogue, un lapin, un hérisson, un homme en forme d’œuf et avec le visage de Theodore Roosevelt…

Le hérisson fut retenu. Il sera bleu bien sur, car c’est la couleur de Sega. Quant à l’homme-œuf, il sera gardé pour faire le méchant du jeu. Nous étions en 1990. Les origines de Sonic étaient déjà couchées sur le papier. Un an plus tard, en 1991, le jeu sort. Je vais vous expliquer comment cela s’est traduit en pixels.

 Sonic, c’est un hérisson qui vit sur South Island. Mais voilà qu’un scientifique devenu fou, le docteur Eggman , connu chez nous sous le nom de Robotnik, capture tous les animaux et les transforme en horribles robots mécaniques ! Notre hérisson décide de ne pas le laisser faire…Le scénario est basique de chez basique, mais ne vous en faites pas, ce n’est pas ce qui fait la force du jeu.

Il existe un chemin vous permettant d'escamoter 90% de ce niveau bien galère...

 

Sorti le 23 juin 1991 sur Megadrive, Sonic est un jeu d’apparence assez conventionnelle. Découpées en 6 zones divisées en 3 actes et la zone finale soit un total de 19 niveaux, il se démarque par certains principes. Pour éviter de perdre des vies, Sonic devra récolter le plus d’anneaux possible. Tant qu’il a au moins un anneau, il ne perdra pas de vie s’il se fait toucher. En revanche les anneaux seront éparpillés partout. Vous pourrez toujours en récupérer quelques uns, mais en général, le score risque de s’en ressentir en fin de niveau. Attention toutefois, les puits sans fond ou les objets pouvant vous écraser vous tueront instantanément. Sur sa route, le hérisson bleu trouvera des bonus dans des téléviseurs portant les symboles suivants :

Un anneau vous en donnera dix de plus.

Une espadrille vous permettra d’aller encore plus vite.

Une tête de Sonic, c’est une vie supplémentaire de gagnée.

Le bouclier vous permettra de ne pas perdre vos anneaux en cas de choc malencontreux une seule fois.

Les étoiles rendront le hérisson invincible temporairement.

Sonic dispose de 10 minutes pour passer chaque acte du jeu. Moins vous trainerez et plus vous aurez de points de bonus de temps à la fin d’un niveau.

Green Hill Zone sans ses décors à damier, ce n'est plus Green Hill Zone.

Un boss vous attend à la fin de chaque zone à l’acte 3. En réalité, il s’agira de Robotnik à bord de son vaisseau volant qui tentera de vous mettre hors d’état de nuire à l’aide d’inventions farfelues. Il faudra le défaire en 8 coups . Après, vous délivrez les animaux emprisonnés dans une capsule.

Et si Sonic fait la part belle à la vitesse dans certaines zones, d’autres demanderont de ralentir pour passer sans encombre.

Dans le labyrinthe, vous devrez trouver des foyers de bulles pour éviter de périr noyé.

 

La première chose qui frappe, ce sont les graphismes. C’est beau, c’est coloré, chaque zone est un ravissement pour les yeux avec une ou deux couleurs dominantes. Les arrières-plans sont aussi très détaillés et bien réalisés. Les sprites, aussi bien de Sonic que des ennemis sont gros. C’est superbe, et la Megadrive tenait vraiment là son maître-étalon en la matière, et prouve que si on l’exploite bien, elle pouvait tenir tête à sa rivale, la Super Nintendo. Les zones de bonus avaient même un fond changeant avec des objets animés! Extraordinaire, vraiment.

Surtout, ne tombez pas dans la lave...

L’animation a été très travaillée. Sega voulait le contraire d’un héros pépère et bien c’est réussi . Sonic, c’est rapide, mais quelque chose que l’on pourrait qualifier de violent. La vitesse d’animation est ultra rapide ! Notre hérisson regorge également de mimiques rigolotes, notamment lorsqu’il pousse un objet ou se tient en équilibre. Si vous lâchez la manette sans mettre sur pause, il se mettra à froncer les sourcils et à taper du pied. Les ennemis bougent également et sont parfois bien vicieux . Les animations du Docteur Robotnik sont également très travaillées. Intervenant à la fin de chaque zone, il rigolera lorsque vous serez touché, fera la grimace lorsque vous lui porterez un coup et deviendra rouge de honte lorsque vous l’aurez battu. Un travail a également été fait lorsque Sonic se retrouve sous l’eau : ses mouvements sont ralentis et il va deux fois moins vite. La zone bonus est une prouesse à elle toute seule : tout en rotation, elle montrait à merveille les capacités de la Megadrive. Le mot « ralentissement » n’appartenait visiblement pas aux programmeurs…

 

On retrouvera ce genre de pièges fréquemment dans les jeux qui suivront.

L’ambiance sonore c’est également l’excellence même. La page de présentation donne déjà le ton, mais chaque zone a son thème dédié. Les musiques ont été composées par le groupe japonais Dreams Come True, et le résultat est sublime: pas de sons grésillants, tout colle pour accompagner le joueur. Les boss ont leur propre thème et celui du boss final traduit bien ce qu’est un combat épique… Les sons sont nombreux et variés : du « cling » des anneaux au bruit des sauts, à celui des émeraudes ils mettent clairement l’ambiance. Même certains pièges ont leur propre bruit.

La dernière zone regorge de pièges.

 

La jouabilité est excellente et il aurait été difficile de faire plus simple : la croix directionnelle pour avancer , et les trois boutons ne servent qu’à sauter. Et c’est en sautant que Sonic peut vaincre ses ennemis. Simple, intuitive, les commandes de base ne devraient poser aucun problème. Et ce même si dans les phases rapides, on a parfois l’impression de foncer peut-être dans un piège. En réalité, tout est calculé au millimètre et ça , au niveau précision, on ne peut faire mieux.

Robotnik et ses inventions farfelues...

 

La durée de vie n’est pas très longue, et un bon joueur pourra le terminer en une après-midi, même si la difficulté se corse dès la zone du labyrinthe. Cependant, le titre offre une rejouabilité car il inclut une quête secondaire qui consiste à récupérer les six émeraudes du Chaos dans des niveaux spéciaux si vous avez récolté plus de 50 anneaux lorsque vous passez le panneau de fin de niveau des actes 1 et 2 de chaque zone. Dans cet épisode, elles n’ont pas d’utilité particulière, si ce n’est que la fin change légèrement. De plus, vous pouvez jouer au jeu de votre façon : soit vous misez sur le temps et tentez de terminer les actes le plus vite possible, soit vous misez sur les vies en prenant le temps de récolter le plus d’anneaux possible et tentez de ne pas les perdre en route. A vous de voir.

Et puis, même s’il est assez court, Sonic fait partie des jeux sur lesquels on revient avec plaisir tant la réalisation globale relève de la pièce d’orfèvre.

Les piranhas deviendront des ennemis récurrents de la saga.

 

 

Parfaitement étudié et doté d’une réalisation somptueuse, Sonic the hedgehog s’impose sans mal comme une référence sur Megadrive et même dans les jeux de plates-formes action toutes consoles confondues. Si jamais vous l’avez loupé à l’époque de sa sortie, mais ce serait étonnant vu qu’il a été vendu dans deux bundles ( jeu seul ou avec Streets of Rage + une manette supplémentaire) on le trouve à petit prix si vous voulez complétez votre collection. Pour ceux qui jouent avec les consoles du moment, et qui voudraient connaître ce titre, sachez que vous pouvez le découvrir avec les différentes compilations que Sega a publié.

J’ai adoré ce jeu pour toutes les raisons que j’ai énumérées au dessus. Et ce qui est bien, c’est que son intérêt n’a pas vieilli. J’y reviens encore avec énormément de plaisir. J’étais loin de me douter, toutefois, que l’année d’après, Sega ferait encore mieux.

Le panneau de fin de niveau.

 

Les versions 8 bits

Pour les États-Unis et l’Europe, Sega portera son jeu sur Master System et Game Gear. Compte tenu des capacités moindres des supports, c’est une performance technique. Les jeux diffèrent au niveau de certaines zones traversées et des boss. A noter que l’acte 3 de chaque zone ne comporte pas d’anneau et ne contient que le duel avec Robotnik, contrairement à la version Megadrive. Les émeaudes sont dissimulées dans les niveaux. La zone bonus ne sert qu’à accumuler des vies et des continues. Cette version rencontrera elle aussi, le succès. Mérité, à mon avis.

Julius

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